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DE L’ART DE CHOISIR UN
BON MOT DE PASSE
Certains mots de passe
sont infiniment plus efficaces que d'autres.
Quand on choisit bien le sien, le pirate en est
réduit à utiliser la puissance brute. De ce côté
là, les administrateurs réseau peuvent se
rassurer : il faudrait 66 ans à une machine
spécialisée pour casser un mot de passe de 8
caractères. Et pour cause : 8 caractères bien
choisis parmi les 95 caractères ASCII offrent
6,6 millions de milliards de combinaisons
possibles. Mode d'emploi du bon mot de passe.
Comment créer un bon mot
de passe ?
Avant tout, il faut
bannir tout ce qu'il y a d'humain dans un mot de
passe : "il faut éviter d'utiliser un prénom en
y ajoutant un chiffre, explique Gerard Peliks,
expert de sécurité qui travaille au marketing d'EADS.
Dans l'idéal, il faut exploiter au maximum les
possibilités d'une suite de huit caractères. Et
pour celà, il n'y a pas de secret, le mieux est
d'utiliser une application qui génère une suite
de chiffres, de lettres et de symboles de façon
complètement aléatoire". Des applications de ce
type sont déjà utilisées par bon nombre
d'administrateurs réseau.
Un mot de passe est-il
créé une bonne fois pour toutes ?
Pour Serge Druais -
responsable des systèmes d'information chez
Thales : "il faut changer son mot de passe
régulièrement. Le mieux est d'adapter comme chez
nous le nombre et la fréquence des changements
au niveau de protection requis pour chaque
application".
Comment stocker un mot de
passe ? Sur un bout de papier ? Dans sa mémoire
?
Pour Gerard Peliks,
"l'idéal est de faire marcher sa mémoire. Mais
beaucoup d'utilisateurs y sont réticents,
surtout lorsqu'il s'agit d'un mot de passe
contenant des caractères spéciaux qui change
tous les mois". Il existe pourtant des solutions
mnémotechniques qui permettent de retenir plus
facilement les longues séries de 8 caractères -
ainsi, 8/a^&2+8 donnerait 'huit tordus à galurin
et deux poux fuient'. Quelques entreprises ont
déja investi dans des formations aux technique
de mémorisation. Mais selon Gerard Peliks, "il
restera toujours des personnes rétives à la
l'apprentissage par coeur. Elles continueront de
noter leur mot de passe quelque part.
L'essentiel pour ces personnes sera alors de
s'arranger pour que nul ne puisse accéder à leur
petite note". Serge Druais renchérit : "Chez
Thalès, nous ne sommes pas dupes : nous ne
croyons pas à la mémorisation. Par contre, nous
sommes intransigeants sur la conservation du mot
de passe : en aucun cas il ne doit être dévoilé.
Certaines personnes parviennent très facilement
à se faire passer pour des administrateurs
système. Ils prétendent que le mot de passe de
l'utilisateur est indispensable pour un acte de
maintenance important, et repartent avec les
huit chiffres dans la poche ... Un mot de passe,
ca ne se dévoile pas".
Comment convaincre les
utilisateurs de respecter ces principes ?
C'est sans doute l'un des
problèmes les plus délicats. Pour Gerard Peliks,
"la plupart des administrateurs sont
sensibilisés à la problématique du mot de passe.
Par contre, les utilisateurs de leur parc
informatique ne le sont pas assez". Manque
d'information en interne, ou problème de
motivation des individus ? L'exemple de Thalès
est parlant : "Chaque fois qu'un salarié rentre
chez nous, il doit lire une charte de sécurité
comportant un certain nombre de plaquettes
informatives qui touchent notamment au problème
des mots de passe. Il est aussi chapeauté par le
directeur de la sécurité de sa division, qui
doit contrôler sa façon de gérer les mots de
passe". Pour Gerard Péliks, on peut encore faire
mieux : "il faut former les utilisateurs aux
problématiques de la sécurité, puis conditionner
leur accès à l'internet à leur acceptation d'une
charte bien précise, qui les engage à respecter
quelques consignes. Proposer un accès à internet
en échange d'une signature, c'est sans doute la
meilleure façon de motiver un salarié. Quant à
la sanction, elle ne doit intervenir qu'en
dernier ressort".
Un bon mot de passe
est-il suffisant ?
Non. Pour le simple et
bonne raison qu'un utilisateur peut très
facilement le dévoiler à une personne tierce,
qu'un collègue peut le découvrir en observant
furtivement le clavier de son voisin, que le
petit bout de papier sur lequel on a noté son
mot de passe peut tomber dans les mains d'une
personne malintentionnée, etc ...
Comment faire mieux qu'un
mot de passe ?
De nombreuses
technologies permettent de renforcer la sécurité
d'un compte utilisateur ou administrateur. Selon
Gérard Péliks, "il existe trois solutions :
s'identifier par ce que l'on sait - un mot de
passe -, par ce que l'on a - une clé physique
sur port USB ou lecteur de cartes à puces - ou
par ce que l'on est - l'iris et l'emprunte
digitale par exemple. Prises individuellement,
ses protections sont faibles : on peut toutes
les déjouer. Mais si on en utilise deux en même
temps, on arrive à un niveau de protection
fort". Thalès utilise ce système de redondance
:"sur les postes administrateurs importants,
nous combinons un mot de passe et une clé
physique. Nous avons même commencé à utiliser
les solutions de biométrie - que nous
commercialisons - pour renforcer la protection
des serveurs critiques". Quand à savoir laquelle
des trois technologies est la plus fiable,
Gérard Peliks confie que "La clé physique est la
plus faible : on la perd facilement. Le mot de
passe est d'une efficacité correcte. Quant à la
biométrie, les systèmes les plus évolués sont
nettement plus efficaces encore". En attendant
la révolution de la biométrie comportementale,
qui permettra d'identifier un utilisateur par la
façon de frapper sur le clavier, de se déplacer
ou d'appuyer sur son stylo quand il signe.
Source : http://solutions.journaldunet.com
Journal du Net
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